Le lieu du combat

Publié le par CHRISTIAN REYNAUD MONTEIL

Le lieu du combat

J’ai coutume de dire qu’on a « planté la croix dans mon cœur » lorsque j’étais enfant. Ce fut ma chance et mon malheur. Ma chance, parce que c'était la croix du Christ et que mon cœur, dès lors, devenait le lieu d’un combat – et ne faut-il pas, dans sa vie, un grand combat à mener ? Mon malheur, car il s’agissait d’un Dieu sans amour, d’une certaine figure paternelle absente et sans réelle tendresse. Une figure avec laquelle il me faudrait lutter toute ma vie, déchiré entre amour et haine.

Oui, il m’aura fallu toute une vie pour me délivrer – ou être délivré – d’une certaine image de Dieu. D’un Dieu désincarné - car il faut de la tendresse aux choses, il leur faut de l’amour, pour réellement s’incarner dans notre vie. Or le lieu du combat, c’est le Christ lui-même, puisque il est la Personne dans laquelle Dieu s’incarne. Et l’enjeu du combat, c’est ma propre vie, ma propre existence. Réellement, nous vivons, nous existons dans la mesure où l’amour s’incarne en nous, dans la moindre de nos pensées, dans le moindre de nos gestes. Tout le reste, ce que nous faisons, ce que nous avons, tout cela n’est rien si nous ne le faisons pas, si nous ne le possédons pas avec amour.

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